25 avril 2009
La distance entre nous
Maggie O'Farrel
"Jake vit à Hong Kong, Stella, à Londres. La distance entre eux est immense, et pas seulement géographique... Un roman magnifique et captivant sur l'amour, les liens familiaux, le hasard et le destin. A Hong Kong, après un malheureux concours de circonstances, Jake se retrouve marié à Mel, une jeune femme pour laquelle il n'éprouve aucune passion. Avec elle, il quitte la ville où il est né pour le Vieux Continent, terre de son père inconnu. A Londres, Stella est prise d'une panique irrépressible lorsque, sur un pont, elle aperçoit un homme qu'elle croit reconnaître. La jeune femme abandonne tout, sa maison, son travail, et même Nina, sa soeur par trop possessive. Jake et Stella fuient leur vie. Tous deux ont un secret et cherchent une réponse, un lieu, une destination improbable. C'est dans un coin perdu d'Ecosse que leurs routes vont se croiser... " (4e de couverture)
J'ai découvert avec beaucoup de plaisir la plume de Maggie O'Farrel avec "quand tu es parti". et je me faisais une joie de me replonger dans son univers avec La distance entre nous. Une histoire assez prometteuse, deux personnages entourés de mystère qui fuient leur vie. Je me suis donc plongée avec délectation et me suis laissée emportée par son écriture. C'est un très beau roman, certes peut être parfois un peu "à l'eau de rose" mais la structure du roman et l'intrigue donne vraiment une profondeur à cette histoire. On passe d'un personnage à l'autre sans arrêt; j'avoue qu'au départ cela m'a légèrement troublé mais très vite on rentre dans le rythme. Un très beau roman sur l'amour, la fraternité et les liens de la famille.
24 avril 2009
Les amants de la mer rouge
Sulaiman addonia
"Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune érythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie Saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Esclavage sexuel et pédophilie vont bon train tandis la société est gangrénée par le strict et despotique régime wahhabite. Seule prévaut la justice des riches et des puissants.
Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale. Jusqu'au jour où Naser reçoit – sacrilège – un mot d'amour écrit par une inconnue. Il n'a qu'un moyen de reconnaître cette femme entièrement cachée comme toutes les autres par une abaya opaque : ses chaussures roses…
Bravant les chefs religieux et politiques, il décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert.
The Consequences of love est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brulante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois." (4e de couverture)
Voilà un roman passionnant sur l'amour et les conditions difficiles de la femme en Arabie Saoudite. L'auteur nosu dresse un magnifique portrait de la femme et de sa volonté de braver les interdits pour vivre sa passion jusqu'au bout. Une très belle écriture, une intrigue passionnante, des personnages passionnés. Une très bon roman.
Merci à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Flammarion pour l'envoi.
09 avril 2009
"Je vais tout exagérer, même si je deviens la petite fille la plus menteuse du monde."
Tout le monde s'en va
Wendy Guerra
"Alors que tout le monde s'en va pour un ailleurs fantasmé, Nieve grandit sur l'île, dans la Cuba des années 1980, consignant dans son journal intime les évènements marquants de son existence. Depuis son enfance tiraillée entre des parents bohèmes qui se déchirent jusqu'au prémices de sa vie de femme, c'est un itinéraire personnel, poétique et sans fard, qui se dessine alors. Celui d'une jeune fille pour qui les expériences amoureuses vont participer de l'éveil d'une sensibilité artistique comme d'une conscience politique. La pulsion créatrice bat au cœur de ce récit, comme possibilité d'accomplissement mais aussi de résistance, alors que tout le monde s'en va." (4e de couverture)
C'est un roman qui nous plonge au coeur de la Cuba des années 80, de la Cuba du che de Fidel et de la révolution. Nieve, qui veut dire Neige, tient un journal où elle y consigne toutes ses peurs et ses angoisses. Ce journal devient son seul confident et surtout son seul refuge au milieu d'un monde où les questions n'ont souvent pas de réponses. Nieve adore sa mère, journaliste, en couple avec un suèdois "Fausto" qui se promène toujours tout nu. Son père vit dans les montagnes avec une troupe de marionnetistes. Séparés, ses parents se déchirent et Nieve va vivre toute son enfance au coeur de ce conflit puis en grandissant, elle apprendra à vivre avec la révolution, et à accepter la décision de ceux qui préfèrent fuir et la laisser là.
Tout le monde s'en va est un récit politique sur l'engagement mais également poétique. L'écriture de Wendy guerra tantôt légère quand c'est la petite fille qui parle, et tantôt plus abrupte mais également réfléchie quand c'est la jeune femme qui parle. Un livre marquant.
08 avril 2009
Queue de poisson
Carl Hiaasen
"Il avait tout prévu : la croisière en paquebot la promenade nocturne sur le pont et le moment où il la balancerait par-dessus bord au milieu de l'Atlantique. Encore mieux qu'un divorce. Mais ce que Chaz n'avait pas imaginé, tout docteur en biologie (et surtout ès magouilles) fût-il, c'est que Joey puisse survivre à tout ça. Et voilà que son " épouse regrettée " est repêchée par un ex-flic reconverti en Robinson, à quelques miles des côtes de la Floride. Elle pourrait le dénoncer. Mais ce ne serait pas drôle. Au point où elle en est, autant jouer les fantômes et lui pourrir la vie à petit feu. Du faux écolo véreux et de la riche héritière trahie, on verra bien qui est le plus sournois. " (4e de couverture)
Drôle et cynique, ce roman nous raconte l'histoire loufoque et burlesque de Chaz, personnage complètement immoral et de Joey femme trompée et victime d'un assassinat raté. Mais l'auteur n'en oublie pas de critiquer la mondialisation et ses effets pervers ainsi que de défendre sa région et l'environnement pour lequel il milite. Un bon moment de lecture.
04 avril 2009
Elégie pour un américain
Siri Hustvedt
De retour à New York après l'enterrement de leur père, dans le Minnesota, Erik Davidsen, psychiatre divorcé, et sa soeur, Inga, veuve dévastée et récente d'un écrivain célèbre, découvrent la lettre qu'une femme a jadis adressée au disparu et par laquelle ils apprennent que leur père aurait naguère été impliqué dans une mort mystérieuse. Dès lors, dans une Amérique toujours traumatisée par les événements du 11 Septembre survenus quatre ans plus tôt, tous les personnages qui gravitent autour de la famille Davidsen vont, de proche en proche, être amenés à se confronter à la part la plus opaque de leur être. (Résumé Evene)
J'ai trouvé ce roman assez complexe et dense mais très beau et subtil. Je découvre la plume plutôt exigeante de Siri Hustvedt par ce roman. L'écriture est si dense, raffinée, parfois très précise, que le livre se lit doucement quitte à revenir sur certains passages pour savourer au mieux les mots. C'est un roman qui analyse, qui cherche, qui veut comprendre la nature humaine. A travers les thèmes de la quête d'identité, l'immigration et l'importance de la mémoire, Siri Hustvedt signe un roman sensible et profond.
31 mars 2009
Les armées
Evelio Rosero
La vie pourrait sembler idyllique à San José, petite bourgade colombienne, où Ismael, un vieil instituteur à la retraite, coule des jours paisibles avec sa femme Otilia. A la grande honte de celle-ci, il passe ses journées à cueillir des oranges et à épier sa belle voisine qui se prélasse nue au soleil. Mais lorsque des bandes armées que rien ne distingue - paramilitaires, guérilleros, narcotrafiquants - font irruption, tout se déglingue. Des habitants sont sauvagement assassinés, d'autres enlevés, des rançons sont réclamées par les ravisseurs, la peur règne sur les esprits. Ismael commence à perdre la mémoire et la raison, il ne retrouve plus le chemin de la maison, ne reconnaît plus les visages, il s'égare dans ses souvenirs et dans les rues du village à la recherche de sa femme qui a disparu. Les habitants s'enfuient, mais il décide de rester au milieu des ruines pour attendre le retour d'Otilia, sa seule et dernière boussole. Vieillard titubant, pathétique, bredouillant, mais révolté jusque dans son propre délire, Ismael est le narrateur de ce chaos sanglant où le village de San José apparaît comme un concentré chauffé à blanc d'une Colombie ravagée par la violence et les prises d'otages. (4e de couverture)
Voilà un roman qui ne vous laisse pas de glace. La catastrophe nous est racontée à travers les yeux d'Ismael, vieil instituteur qui peu à peu perd la tête et la mémoire, et semble perdu au milieu de cet enfer. Avec beaucoup de subtilité l'auteur nous décrit la violence dans ce village colombien. Une très jolie écriture pour un thème poignant.
28 mars 2009
Les naufragés de l'île Tromelin
Irène Frain
"Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien. Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher. Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage. " (4e de couverture)
Je ne connaissais pas du tout l'histoire ni l'existence même de cette île perdue dans l'Océan Indien. Grâce à l'écriture d'Irène Frain, j'ai été happée par cette histoire. J'ai beaucoup aimé, je me suis passionnée pour ses personnages qui m'ont ému. Son écriture est agréable et nous emporte tout de suite au coeur de ce drame. Et puis ce roman évoque un point important de notre histoire, celui de l'abolition de l'esclavage.
Un beau roman . Merci à Suzanne de Chez les Filles pour l'envoi.
26 mars 2009
Lune captive dans un oeil mort
Pascal Garnier
Martial et Odette se laissent convaincre de venir s'installer dans une résidence ultra sécurisée et uniquement destinée aux séniors. Les premiers venus dans cette résidence, et n'ayant pour seul interlocuteur que le gardien, très vite la vie leur semble triste et morne.
Enfin arrivent un couple de voisins, Maxime et Marlène, puis une femme seule. Aussitôt les liens se tissent, et une amitié se créent. Mais très vite le huis clos amène avec lui disputes et malentendus qui vont vite se transformés en paranoïas. Dans cette bulle ultra sécurisée chacun va voir le danger à sa porte. Jusqu'au soir où ...
J'adore Pascal Garnier. Il sait créer une ambiance vraiment particulière, et ses personnages sont savoureux. Il sait dépeindre leurs travers avec beaucoup de finesse et finalement ce sont les notres que nous retrouvons... J'ai hâte de découvrir d'autres de ses romans.
22 mars 2009
La couronne verte
Laura Kasischke
Véritable rituel, les vacances de printemps marquent le passage à l'âge adulte pour les élèves de terminale aux Etats-Unis. Quittant pour la première fois le nid familial, ils partent une semaine entre amis dans un cadre exotique. Face à l'insistance de leur amie Terri, Anne et Michelle renoncent à la croisière dans les Caraïbes qu'elles avaient prévue et optent pour les plages mexicaines. En dépit des mises en garde maternelles, Anne et Michelle acceptent d'aller visiter les ruines de Chichén Itzâ en compagnie d'un inconnu. Cette expérience les entraînera bien au-delà de la simple découverte culturelle, pour leur plus grand malheur... Laura Kasischke, dévoilant avec son talent habituel les égarements et les inquiétudes des jeunes gens, construit un roman aussi troublant que profond. (4e de couverture)
La lecture de ce roman m'a laissée perplexe, je ne sais si j'ai aimé ou non. L'ambiance est particulière, tendue et oppressante. Nous nous doutons dès les premières lignes qu'un malheur va tomber sur les jeunes héroïnes, d'où notre tension constante. Et l'auteur par son écriture et sa narration à plusieurs voix, nous emmène au coeur du drame. Et puis tout s'enchaine, la trahison, la violence... Mais je n'ai pas accroché. Peut être trop brut, trop prévisible, et puis la fin m'a un peu déçue. Dommage.
21 mars 2009
José
Richard Andrieux
José a neuf ans. Ce bout de chou n'a jamais connu son père ; il vit avec sa mère, avec un lit qu'il appelle " voyage ", et un bougeoir rebaptisé le " colonel " Dans sa chambre, il s'invente un univers qui n'existe que pour lui. Personne n'y a accès, pas même sa propre mère. Reviendra-t-il indemne de cet ailleurs dans lequel il se mure ? Le docteur dit de ne pas trop s'inquiéter, alors sa mère attend, sans trop y croire. Avec une infinie pudeur, Richard Andrieux explore l'imaginaire d'un enfant à part, qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes. (4e de couverture)
Je remercie Florinette d'avoir permis à ce livre de voyager car ce fut une très jolie et émouvante rencontre en ce qui me concerne. C'est un tout petit bonhomme très déconcertant qui prend la vie comme il le peut. D'une écriture simple, Richard Andrieux nous dépeint la relation tendre et fragile entre un enfant enfermé dans son monde imaginaire et sa maman perdue et destabilisée face à l'attitude de son enfant. Poignant et tendre, ce roman m'a laissé comme une fragilité au fond de moi.
Merci à Florinette.











