Côté Lecture

Lectures coups de coeur et découvertes

20 novembre 2009

Comment les fourmis m'ont sauvé la vie

Lucia Nevai

51Bk17XVAsL__SL500_AA240_Crane, nom sioux signifiant "Grue", est née défigurée et chetive car sa mère a voulu s'en débarrasser. L'histoire se passe dans un trou perdu de L'Iowa dans les années 50. Crane vit dans une cabane, avec sa famille dans des conditions plus que précaires. Elle va grandir entre son frère et sa soeur qui vont la protéger. Sa seule distraction est de voir passer le train de 21h49 et de contempler les champs de maïs autour de la maison. Mais un jour, la modernité s'installe, un lac est aménagé tout près de leur cabane, une ville va se construire et leur maison va être détruite. Crane fait alors l'expérience d'une nouvelle vie qui va la sauver de la misère. Séparée de son frère et de sa soeur, elle est recueillie par une famille aimante et qui va lui ouvrir les portes de l'école où elle va découvrir son génie. Mais la vie n'est pas simple et le mensonge et la solitude la rattrapent.

C'est un très beau livre. une histoire très touchante. Lucia Nevai révèle la capacité de l'être humain de se sortir de situation des plus ignobles pour accéder à une vie meilleur. Crane va beaucoup apprendre de son passé qui frappe souvent à sa porte. C'est une petite fille fort attachante.

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Livre lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.

Aussi Merci à Babelio et aux éditions Philippe Rey pour l'envoi de ce roman.

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19 novembre 2009

Nuigrave

Lorris Murail

9782221114513Arthur Blond, fonctionnaire à l'OERP (Office européen de restitution patrimoniale), est sur le point de s'envoler pour l'Égypte – où une tempête de sable a fracassé l'obélisque de la Concorde, rendu récemment par la France dans le cadre du programme de restitution –, quand il est arrêté à l'aéroport pour une stupide affaire de patch nicotinisé (le tabac, interdit, ne circule plus désormais que de façon clandestine). C'est pour Arthur le début des ennuis. Le patch appartient en effet à un lot distillant, outre la nicotine, du TTC, du tétracoarcinicol (un dérivé de la coarcine, plante amazonienne en voie de disparition), dont on a retrouvé des échantillons sur un cadavre non identifié. Utilisé en chirurgie pour ses effets ralentisseurs sur le métabolisme, le TTC se révèle avoir aussi des effets psychologiques sur la perception du temps. Comme Arthur va l'apprendre, les dérivés les plus actifs de la coarcine sont produits par les laboratoires Wellman, dirigés par Sidonie, son amour de jeunesse. Lorsque celle-ci est assassinée sous ses yeux, il sait que sa vie vient définitivement de basculer. Mêlé à un conflit d'envergure mondiale, Arthur se retrouve en possession des deux dernières coarcines, objets de toutes les convoitises… (4e de couverture)

Je n'ai pas du tout adhéré à ce roman. Trop confus dans les explications et dans le style.  J'ai eu beaucoup de mal à finir ma lecture et je crois n'avoir pas tout compris au sujet de cette drogue qui permettrait de voyager dans le temps. J'avoue, je suis déçue, j'aime beaucoup ce que fait Lorris Murail par ailleurs, mais là il ne m'a pas accrochée.

Merci toutefois à Blogobook et aux éditions Robert Laffont pour ce partenariat.

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18 novembre 2009

L'élégance du hérisson

Muriel Barbery

411G8FKD7QL__SL500_AA240_"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " (4e de couverture)

Je le crie haut et fort, ce roman est pour moi un véritable coup de coeur! Un petit bijou de finesse et de poésie. Je l'ai littéralement dévoré, je ne pouvais le lacher. J'ai adoré les personnages, leur profondeur, leur part caché, leurs réflexions sur la vie et surtout leur humour. Oui je l'avoue je me suis laissée charmer et tant pis s'il y a des incohérences, j'aime ce genre de romans.  Je ne regrette qu'une chose: ne pas l'avoir lu plus tôt.

Lu avec Bladelor!

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14 novembre 2009

Loin des bras

Metin Arditi

41bQ4jjM3nL__SL500_AA240_Nous sommes en 1959, dans un pensionnat pour enfants de riches, en Suisse. Depuis que le directeur est décédé, tout s'écroule et la faillite n'est pas loin. Mme Alderson, femme du propriétaire est au commande de cet établissement avec sa soeur jumelle et envisage de vendre à des américains. Les professeurs sont très inquiets pour leur avenir mais doivent faire bonne figure malgré le lourd secret que chacun porte en soi. Tous cache quelquechose : l'un est homosexuel, l'autre joue aux jeux de hasard, un autre est antisémite... Et puis la tension qui va s'installer au coeur de ce pensionnat va tout faire chavirer, les langues vont se délier...

C'est un roman sur la solitude! La solitude de ces enfants qui vivent loin des bras de leurs parents. Mais la solitude aussi de ces professeurs qui doivent vivre seuls avec leur secret. Certains personnages m'ont particulièrement touchée comme Mr Brunet, homosexuel écrasé par sa mère, Véra également qui tente de retrouver un peu de son fils disparu auprès d'un élève ou encore Gülgül, ancien mignon turc du sultan qui adore la danse et apporte une touche de gaieté au sein de ce pensionnat si froid. C'est un roman qui est également très bien écrit, avec de courts chapitres. Un coup de coeur pour moi.

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13 novembre 2009

Pépites

Anne Laure Bondoux

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Bella Rossa a 20 ans. Jeune femme magnifique, et attirant tous les regards, sa vie n'est qu'une suite de catastrophes. La jour où la guerre approche de sa maison, elle décide de tout quitter. Elle emmène avec elle, son vieux père grognon, ses casseroles et part vers l'Ouest dans sa carriole. Elle part à la recherche de la fortune. Bella Rossa va alors rencontrer de nombreuses personnes, plus ou moins sympathiques, et surtout elle va apprendre ce qu'est l'amour, ce qu'est la vie. Elle va grandir.

J'avais adoré Les larmes de l'assassin. J'avoue Pépites m'a un peu moins plu, mais j'ai adoré la profondeur des personnages qui leur confère une part de réalisme. Et ils en deviennent fort attachant. C'est une histoire passionnante et interessante.

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07 novembre 2009

Cadence

Stéphane Velut

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Munich, 1933. Un peintre, chargé d'exécuter le portrait d'une enfant louant l'avenir radieux de la nouvelle Allemagne, se cloître en compagnie de son modèle. Mais c'est tout autre chose qu'il fait de sa jeune pensionnaire et qu'il déploie comme un cérémonial au fil de son récit. Car ce sont ses carnets que l'on lit ; le narrateur y prend son lecteur à témoin. On hésitera à discerner dans cet étrange huis clos le jeu du rite ou de la soumission.(4e de couverture)

Ce qui est sûr, c'est que ce roman ne laisse pas indifférent et fait même froid dans le dos. L'ambiance est tendue et étouffante. Les personnages austères, l'atmosphère froide. L'inconfort s'installe au coeur de cet appartement où un homme prit de folie décide de transformer une jeune fille en poupée. Mais dehors, c'est tout aussi glauque, on pressent la montée du nazisme dans les rues: les hommes qui suivent le mouvement se transforment en chien, porc ou rats.  J'avoue ne pas trop savoir quels mots choisir pour décrire le sentiment que j'ai eu à lire ce livre. Au final, je crois que ce livre m'a profondément dérangé.

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04 novembre 2009

Cartes postales de l'enfer

Neil Bissoondath

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"Tout le monde a des secrets. J'en ai un, moi. Pas vous? Loin très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit? [...] Les secrets... nous en avons tous. Des cartes postales de l'enfer - des cartes postales jamais envoyées, souvenirs de nos voyages d'ombre accrochés aux murs intérieurs de notre vie, où ils se fondent en quelque sorte dans la trame cachée. (p 13)

Alec est décorateur d'intérieur et doit son succès et sa réputation au personnage qu'il s'est créé: celui d'un homosexuel branché. Néanmoins le jour où il rencontre Sumintra, jeune femme plutôt jolie et qui oscille entre une éducation stricte et ses véritables désirs plus débridés. Tous les deux ont façonné leur vie autour de mensonge mais vient un jour où tout se dévoile...

C'est le premier roman que je lis de cet auteur. ça se lit bien, c'est agréable et incongrue. Le sujet est interessant et l'auteur sait nosu captiver de bout en bout à travers le jeu de dupes que se jouent les deux personnages. Un seul bémol: la fin est trop abrupte!!!

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31 octobre 2009

Les saisons de la solitude

Joseph Boyden

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Les saisons de la solitude est en quelque sorte une suite du chemin des âmes, puisqu'on y retrouve Will le petit fils du personnage principal. Le roman entremêle deux voix: celle de Will, ancien pilote d'avion tombé dans le coma suite à une agression et Annie, sa nièce, qui veille sur lui et tente de le réveiller en lui racontant sa pénible quête pour retrouver sa soeur disparue. Nous voyageons entre les grands espaces du canada aux gratte-ciel de Manhattan. C'est un livre sur la rédemption, sur l'amour, sur l'amitié et c'est un hommage à la nature, à sa force et surtout c'est une réflexion sur la vie. Ce roman saisissant est porté par une poésie d'écriture de Joseph Boyden qui vous emporte. Ce fut pour moi une véritable découverte et un grand coup de coeur.

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30 octobre 2009

Le rêve du village des Ding

Yan Lianke

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Le roman se situe dans la province du Hénan. Dans les années 90, les habitants de cette province vendent leur sang pour augmenter leurs revenus. Mais les conditions dont ces prélèvements sont effectués sont déplorables et tous contractent le virus du sida et finissent pas mourir dans le dénuement le plus total. Le grand père Ding se rend compte de la situation et se sent coupable: son fils lui même en est la cause, il est lui même celui qui a collecté le sang en trafiquant les poches et les seringues, et s'est enrichie sur le dos des habitants et continue maintenant en vendant des cercueils et en organisant des mariages dans "l'au delà". Il essaie alors de redonner un peu de sens à cette situation des plus absurdes, mais c'est sans compter sur l'avidité de certains, la souffrance des autres et vite l'anarchie s'installe. Toute cette histoire nous est racontée par son propre petit-fils, mort empoisonné huit ans auparavant. Il a fait les frais de la vengeance des villageois contre son père.

Ce roman est bouleversant. Yan Lianke dit utiliser la fiction pour atténuer une réalité trop terrifiante. Il dénonce ici une affaire de sang contaminé dans la région de son enfance. C'est un livre coup de poing qui laisse à réfléchir et qui dévoile (pour ma part) une partie de l'histoire de chine que je connaissais pas.

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28 octobre 2009

Tu es une rivière

Chi Li

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Ce roman se déroule en Chine de 1964 à 1989. Nous sommes au coeur de la révolution culturelle. Lala a trente quand son mari décède. Elle a alors 7 enfants et en attend un huitième. Elle va devoir faire face à la misère en travaillant chez elle et en mettant à contribution ses enfants. Entre un régime politique aux décisions imprévisibles et des enfants au caractère redoutable, Lala doit ruser, et travailler dur pour garder sa famille unie face à tant d'adversité.

C'est un roman assez facile à lire mais qui dégage une telle force. L'auteur fait vraiment ressentir la difficulté des familles face au régime politique durant la révolution culturelle et la mise en place ensuite du capitalisme. C'est un roman interessant sur cette période. Le seul bémol que je noterai et qui est purement subjectif, c'est que je n'ai pas ressenti beaucoup d'attachement pour cette mère qui bien sûr se bat jusqu'au sang pour sa famille mais dont l'amour lui fait parfois défaut.

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