07 novembre 2009
Cadence
Stéphane Velut
Munich, 1933. Un peintre, chargé d'exécuter le portrait d'une enfant louant l'avenir radieux de la nouvelle Allemagne, se cloître en compagnie de son modèle. Mais c'est tout autre chose qu'il fait de sa jeune pensionnaire et qu'il déploie comme un cérémonial au fil de son récit. Car ce sont ses carnets que l'on lit ; le narrateur y prend son lecteur à témoin. On hésitera à discerner dans cet étrange huis clos le jeu du rite ou de la soumission.(4e de couverture)
Ce qui est sûr, c'est que ce roman ne laisse pas indifférent et fait même froid dans le dos. L'ambiance est tendue et étouffante. Les personnages austères, l'atmosphère froide. L'inconfort s'installe au coeur de cet appartement où un homme prit de folie décide de transformer une jeune fille en poupée. Mais dehors, c'est tout aussi glauque, on pressent la montée du nazisme dans les rues: les hommes qui suivent le mouvement se transforment en chien, porc ou rats. J'avoue ne pas trop savoir quels mots choisir pour décrire le sentiment que j'ai eu à lire ce livre. Au final, je crois que ce livre m'a profondément dérangé.
04 novembre 2009
Cartes postales de l'enfer
Neil Bissoondath
"Tout le monde a des secrets. J'en ai un, moi. Pas vous? Loin très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit? [...] Les secrets... nous en avons tous. Des cartes postales de l'enfer - des cartes postales jamais envoyées, souvenirs de nos voyages d'ombre accrochés aux murs intérieurs de notre vie, où ils se fondent en quelque sorte dans la trame cachée. (p 13)
Alec est décorateur d'intérieur et doit son succès et sa réputation au personnage qu'il s'est créé: celui d'un homosexuel branché. Néanmoins le jour où il rencontre Sumintra, jeune femme plutôt jolie et qui oscille entre une éducation stricte et ses véritables désirs plus débridés. Tous les deux ont façonné leur vie autour de mensonge mais vient un jour où tout se dévoile...
C'est le premier roman que je lis de cet auteur. ça se lit bien, c'est agréable et incongrue. Le sujet est interessant et l'auteur sait nosu captiver de bout en bout à travers le jeu de dupes que se jouent les deux personnages. Un seul bémol: la fin est trop abrupte!!!
31 octobre 2009
Les saisons de la solitude
Joseph Boyden
Les saisons de la solitude est en quelque sorte une suite du chemin des âmes, puisqu'on y retrouve Will le petit fils du personnage principal. Le roman entremêle deux voix: celle de Will, ancien pilote d'avion tombé dans le coma suite à une agression et Annie, sa nièce, qui veille sur lui et tente de le réveiller en lui racontant sa pénible quête pour retrouver sa soeur disparue. Nous voyageons entre les grands espaces du canada aux gratte-ciel de Manhattan. C'est un livre sur la rédemption, sur l'amour, sur l'amitié et c'est un hommage à la nature, à sa force et surtout c'est une réflexion sur la vie. Ce roman saisissant est porté par une poésie d'écriture de Joseph Boyden qui vous emporte. Ce fut pour moi une véritable découverte et un grand coup de coeur.
30 octobre 2009
Le rêve du village des Ding
Yan Lianke
Le roman se situe dans la province du Hénan. Dans les années 90, les habitants de cette province vendent leur sang pour augmenter leurs revenus. Mais les conditions dont ces prélèvements sont effectués sont déplorables et tous contractent le virus du sida et finissent pas mourir dans le dénuement le plus total. Le grand père Ding se rend compte de la situation et se sent coupable: son fils lui même en est la cause, il est lui même celui qui a collecté le sang en trafiquant les poches et les seringues, et s'est enrichie sur le dos des habitants et continue maintenant en vendant des cercueils et en organisant des mariages dans "l'au delà". Il essaie alors de redonner un peu de sens à cette situation des plus absurdes, mais c'est sans compter sur l'avidité de certains, la souffrance des autres et vite l'anarchie s'installe. Toute cette histoire nous est racontée par son propre petit-fils, mort empoisonné huit ans auparavant. Il a fait les frais de la vengeance des villageois contre son père.
Ce roman est bouleversant. Yan Lianke dit utiliser la fiction pour atténuer une réalité trop terrifiante. Il dénonce ici une affaire de sang contaminé dans la région de son enfance. C'est un livre coup de poing qui laisse à réfléchir et qui dévoile (pour ma part) une partie de l'histoire de chine que je connaissais pas.
28 octobre 2009
Tu es une rivière
Chi Li
Ce roman se déroule en Chine de 1964 à 1989. Nous sommes au coeur de la révolution culturelle. Lala a trente quand son mari décède. Elle a alors 7 enfants et en attend un huitième. Elle va devoir faire face à la misère en travaillant chez elle et en mettant à contribution ses enfants. Entre un régime politique aux décisions imprévisibles et des enfants au caractère redoutable, Lala doit ruser, et travailler dur pour garder sa famille unie face à tant d'adversité.
C'est un roman assez facile à lire mais qui dégage une telle force. L'auteur fait vraiment ressentir la difficulté des familles face au régime politique durant la révolution culturelle et la mise en place ensuite du capitalisme. C'est un roman interessant sur cette période. Le seul bémol que je noterai et qui est purement subjectif, c'est que je n'ai pas ressenti beaucoup d'attachement pour cette mère qui bien sûr se bat jusqu'au sang pour sa famille mais dont l'amour lui fait parfois défaut.
10 octobre 2009
Allumer le chat
Barbara Constantine
"Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !"(présentation de l'éditeur)
Voilà, c'est dit et ça résume tout à fait ce roman. C'est un peu déjanté, loufoque, mais c'est surtout très tendre. C'est livre idéal à lire quand le moral est au plus bas. C'est une bouffée d'oxygène. L'histoire tourne autour de Raymond (qui rêve d'allumer le chat) et de Mine (Mamie tendre et douce) qui vont devoir s'occuper de leur petit fils Rémi souffant d'eczema. Gravitent autour d'eux toute une série de personnages et d'histoires toutes plus loufoques les unes que les autres. Et tout cela est écrit dans un style très léger et truffé d'humour!
Pal -1 = 148
09 octobre 2009
Seul dans le noir
Paul Auster
"Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque. (Présentation de l'éditeur)
Autant j'avais adoré Brooklyn Folies, autant je suis passée à côté de celui-là. Après un début prometteur, je me suis ennuyée jusqu'à, à peu près, une cinquantaine de pages avant la fin. Je me suis perdue. Je suis déçue de ne pas avoir retrouvé le bonheur que j'avais éprouvé à la lecture de Brooklyn Folies, aussi je réessaierai avec d'autres titres de cet auteur.
Pal: 150 - 1 = 149!
02 octobre 2009
Le club des incorrigibles optimistes
Jean Michel Guenassia
Michel Marini vient de fêter ses douze. Il vit à Paris, avec sa famille et étudie à Henri IV. On est en 1959, climat de guerre froide dans le monde mais également au sein de la famille. Ses parents se déchirent, son frère s'engage dans l'armée, et les mathématiques l'ennuient. Michel, lui se nourrit de lectures et de musique. Aussi, un jour, alors qu'il joue au Babyfoot au bistrot "Le Balto", il découvre, dans l'arrière salle, Sartre et Kessel ainsi que de nombreux réfugiés politiques venus de l'Est.
Grâce à une plume légère et agréable, l'auteur nous fait découvrir l'univers de ce jeune garçon, mais aussi les différentes épreuves qu'il doit affronter: le départ de son frère, l'amie qui sombre dans une dépression, ses parents qui se disputent toute la journée, et cette incompréhension des mathématiques. Il va aussi se lier avec ces hommes au passé étrange mais terriblement attachant qui viennent de l'Est, et notamment on s'attachera d'autant plus au personnage de Sacha dont le passé semble si énigmatique. J'ai passé un très très bon moment auprès de Michel, si bien que j'en redoutais de devoir tourner la dernière page. Certes, c'est un pavé, mais qui se lit extremement facilement. C'est mon deuxième coup de coeur de la rentrée.
30 septembre 2009
Firmin
Sam Savage
"Autobiographie d'un grignoteur de livres, Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour clans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant. Superbe hommage aux valeurs de l'écrit et aux singularités de toutes espèces, l'aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d'union entre littérature, exclusion et résistance."(4e de couverture)
Ce livre se lit comme un conte. On se laisse emporter par les mots de Firmin qui est somme toute très attachant. Une petite lecture bien sympathique.
23 septembre 2009
Catherine Blum
Alexandre Dumas
Nous sommes en 1829, dans la foret de Villers Cotterêts. Guillaume Watrin, chef des gardes chasses, à un fils: Bernard, et une nièce Catherine qu'il a élévé suite au décès de sa mère. Bernard et Catherine s'aiment et souhaitent se marier. Mais, Mathieu, jeune orphelin recueilli par la famille Watrin est jaloux et ne désire qu'une chose: faire échouer ce projet.
Avec ce roman, Alexandre Dumas démontre qu'il est capable d'écrire un bon roman de style policier sans l'appui de faits historiques. Cette histoire se déroule telle une pièce de théâtre dont le lieu principal est la maison du garde-chasse. A la fois conte, roman policier et étude de moeurs, ce roman m'a captivé de bout en bout. Et puis, Villers Cotterets est une ville proche de chez moi et que je connais bien.













