02 décembre 2009
De l'eau pour les éléphants
Sara Gruen
Nous sommes dans les années 30, durant la Grande Dépression en Amérique. LEs trains de cirque ambulant sillonnent les routes. Jacob Jankowski vient de perdre ses parents. Après avoir abandonné ses études de vétérinaire, il monte dans le train d'un cirque ambulant. Il fait alors la connaissance du monde du cirque et plus particulièrement de Marlène la belle écuyère, de Bobo le singe affectueux et Rosie l'éléphante indomptable.
C'est un livre très touchant qui nous plonge dans l'univers si fascinant du cirque. Mais il dénonce également les maltraitances faites aux hommes et aux animaux, la vie de misère et l'appât de l'argent. Un très beau roman qui se lit très bien.
Lecture commune avec Bladelor
30 novembre 2009
Le faon
Magda Szabo
"Eszter est une comédienne célèbre. Pourtant, les frustrations de son
enfance - entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie -
renaissent et s'exacerbent quand elle découvre qu'Angela, l'ancienne
gamine trop parfaite de son village natal, est l'épouse de l'homme
qu'elle aime, et qui l'aime. Le Faon dit la jalousie, plus, la haine,
vécue comme un maléfice, à l'égard d'un être qui symbolise tout ce que
la petite fille que fut Eszter n'a pas connu, n'a pas été. Son
monologue est celui d'une femme qui se donne, se confesse, et qui
expie." (4e de couverture)
Encore une fois j'ai été happé par la plume de Magda Szabo. C'est le monologue d'une femme pétrie de jalousie qui tour à tour entre égarement et ressassement parle au présent, revient sur son passé. Parfois violente parfois touchante, elle nous parle de son enfance, et de cette petite fille si parfaite qu'elle jalouse tant. Il est parfois difficile de s'y retrouver au milieu de toutes ses digressions mais la plume de Magda Szabo sait toujours nous rattraper au vol!
27 novembre 2009
Les îvresses
Jean François Chabas
Jonas s'est réfugié dans une maison isolée de St Pierre et Miquelon. Jonas est malade. Atteint d'un cancer, il attend la mort, refusant tout traitement. Sa seule attache, sont les lettres qu'il écrit à Ava, jeune femme emprisonnée, dont on comprendra au fur et à mesure l'importance qu'elel a eu dans sa vie. Il raconte alors sa vie, marquée par les épreuves, mais qu'ils l'ont construit, et puis sa peur de la mort.
C'est un roman très dur mais également écrit avec beaucoup de pudeur. L'auteur parle de la mort mais ne verse jamais dans le glauque. Le fait qu'il soit écrit sous forme de lettres ajoute beaucoup de force et d'émotions. Je connaissais la plume de Chabas pour les romans jeunesse, même dans le monde des adultes, son écriture a su me charmer.
20 novembre 2009
Comment les fourmis m'ont sauvé la vie
Lucia Nevai
Crane, nom sioux signifiant "Grue", est née défigurée et chetive car sa mère a voulu s'en débarrasser. L'histoire se passe dans un trou perdu de L'Iowa dans les années 50. Crane vit dans une cabane, avec sa famille dans des conditions plus que précaires. Elle va grandir entre son frère et sa soeur qui vont la protéger. Sa seule distraction est de voir passer le train de 21h49 et de contempler les champs de maïs autour de la maison. Mais un jour, la modernité s'installe, un lac est aménagé tout près de leur cabane, une ville va se construire et leur maison va être détruite. Crane fait alors l'expérience d'une nouvelle vie qui va la sauver de la misère. Séparée de son frère et de sa soeur, elle est recueillie par une famille aimante et qui va lui ouvrir les portes de l'école où elle va découvrir son génie. Mais la vie n'est pas simple et le mensonge et la solitude la rattrapent.
C'est un très beau livre. une histoire très touchante. Lucia Nevai révèle la capacité de l'être humain de se sortir de situation des plus ignobles pour accéder à une vie meilleur. Crane va beaucoup apprendre de son passé qui frappe souvent à sa porte. C'est une petite fille fort attachante.
Livre lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.
Aussi Merci à Babelio et aux éditions Philippe Rey pour l'envoi de ce roman.
19 novembre 2009
Nuigrave
Lorris Murail
Arthur Blond, fonctionnaire à l'OERP (Office européen de restitution patrimoniale), est sur le point de s'envoler pour l'Égypte – où une tempête de sable a fracassé l'obélisque de la Concorde, rendu récemment par la France dans le cadre du programme de restitution –, quand il est arrêté à l'aéroport pour une stupide affaire de patch nicotinisé (le tabac, interdit, ne circule plus désormais que de façon clandestine). C'est pour Arthur le début des ennuis. Le patch appartient en effet à un lot distillant, outre la nicotine, du TTC, du tétracoarcinicol (un dérivé de la coarcine, plante amazonienne en voie de disparition), dont on a retrouvé des échantillons sur un cadavre non identifié. Utilisé en chirurgie pour ses effets ralentisseurs sur le métabolisme, le TTC se révèle avoir aussi des effets psychologiques sur la perception du temps. Comme Arthur va l'apprendre, les dérivés les plus actifs de la coarcine sont produits par les laboratoires Wellman, dirigés par Sidonie, son amour de jeunesse. Lorsque celle-ci est assassinée sous ses yeux, il sait que sa vie vient définitivement de basculer. Mêlé à un conflit d'envergure mondiale, Arthur se retrouve en possession des deux dernières coarcines, objets de toutes les convoitises… (4e de couverture)
Je n'ai pas du tout adhéré à ce roman. Trop confus dans les explications et dans le style. J'ai eu beaucoup de mal à finir ma lecture et je crois n'avoir pas tout compris au sujet de cette drogue qui permettrait de voyager dans le temps. J'avoue, je suis déçue, j'aime beaucoup ce que fait Lorris Murail par ailleurs, mais là il ne m'a pas accrochée.
Merci toutefois à Blogobook et aux éditions Robert Laffont pour ce partenariat.
18 novembre 2009
L'élégance du hérisson
Muriel Barbery
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " (4e de couverture)
Je le crie haut et fort, ce roman est pour moi un véritable coup de coeur! Un petit bijou de finesse et de poésie. Je l'ai littéralement dévoré, je ne pouvais le lacher. J'ai adoré les personnages, leur profondeur, leur part caché, leurs réflexions sur la vie et surtout leur humour. Oui je l'avoue je me suis laissée charmer et tant pis s'il y a des incohérences, j'aime ce genre de romans. Je ne regrette qu'une chose: ne pas l'avoir lu plus tôt.
Lu avec Bladelor!
14 novembre 2009
Loin des bras
Metin Arditi
Nous sommes en 1959, dans un pensionnat pour enfants de riches, en Suisse. Depuis que le directeur est décédé, tout s'écroule et la faillite n'est pas loin. Mme Alderson, femme du propriétaire est au commande de cet établissement avec sa soeur jumelle et envisage de vendre à des américains. Les professeurs sont très inquiets pour leur avenir mais doivent faire bonne figure malgré le lourd secret que chacun porte en soi. Tous cache quelquechose : l'un est homosexuel, l'autre joue aux jeux de hasard, un autre est antisémite... Et puis la tension qui va s'installer au coeur de ce pensionnat va tout faire chavirer, les langues vont se délier...
C'est un roman sur la solitude! La solitude de ces enfants qui vivent loin des bras de leurs parents. Mais la solitude aussi de ces professeurs qui doivent vivre seuls avec leur secret. Certains personnages m'ont particulièrement touchée comme Mr Brunet, homosexuel écrasé par sa mère, Véra également qui tente de retrouver un peu de son fils disparu auprès d'un élève ou encore Gülgül, ancien mignon turc du sultan qui adore la danse et apporte une touche de gaieté au sein de ce pensionnat si froid. C'est un roman qui est également très bien écrit, avec de courts chapitres. Un coup de coeur pour moi.
07 novembre 2009
Cadence
Stéphane Velut
Munich, 1933. Un peintre, chargé d'exécuter le portrait d'une enfant louant l'avenir radieux de la nouvelle Allemagne, se cloître en compagnie de son modèle. Mais c'est tout autre chose qu'il fait de sa jeune pensionnaire et qu'il déploie comme un cérémonial au fil de son récit. Car ce sont ses carnets que l'on lit ; le narrateur y prend son lecteur à témoin. On hésitera à discerner dans cet étrange huis clos le jeu du rite ou de la soumission.(4e de couverture)
Ce qui est sûr, c'est que ce roman ne laisse pas indifférent et fait même froid dans le dos. L'ambiance est tendue et étouffante. Les personnages austères, l'atmosphère froide. L'inconfort s'installe au coeur de cet appartement où un homme prit de folie décide de transformer une jeune fille en poupée. Mais dehors, c'est tout aussi glauque, on pressent la montée du nazisme dans les rues: les hommes qui suivent le mouvement se transforment en chien, porc ou rats. J'avoue ne pas trop savoir quels mots choisir pour décrire le sentiment que j'ai eu à lire ce livre. Au final, je crois que ce livre m'a profondément dérangé.
04 novembre 2009
Cartes postales de l'enfer
Neil Bissoondath
"Tout le monde a des secrets. J'en ai un, moi. Pas vous? Loin très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit? [...] Les secrets... nous en avons tous. Des cartes postales de l'enfer - des cartes postales jamais envoyées, souvenirs de nos voyages d'ombre accrochés aux murs intérieurs de notre vie, où ils se fondent en quelque sorte dans la trame cachée. (p 13)
Alec est décorateur d'intérieur et doit son succès et sa réputation au personnage qu'il s'est créé: celui d'un homosexuel branché. Néanmoins le jour où il rencontre Sumintra, jeune femme plutôt jolie et qui oscille entre une éducation stricte et ses véritables désirs plus débridés. Tous les deux ont façonné leur vie autour de mensonge mais vient un jour où tout se dévoile...
C'est le premier roman que je lis de cet auteur. ça se lit bien, c'est agréable et incongrue. Le sujet est interessant et l'auteur sait nosu captiver de bout en bout à travers le jeu de dupes que se jouent les deux personnages. Un seul bémol: la fin est trop abrupte!!!
31 octobre 2009
Les saisons de la solitude
Joseph Boyden
Les saisons de la solitude est en quelque sorte une suite du chemin des âmes, puisqu'on y retrouve Will le petit fils du personnage principal. Le roman entremêle deux voix: celle de Will, ancien pilote d'avion tombé dans le coma suite à une agression et Annie, sa nièce, qui veille sur lui et tente de le réveiller en lui racontant sa pénible quête pour retrouver sa soeur disparue. Nous voyageons entre les grands espaces du canada aux gratte-ciel de Manhattan. C'est un livre sur la rédemption, sur l'amour, sur l'amitié et c'est un hommage à la nature, à sa force et surtout c'est une réflexion sur la vie. Ce roman saisissant est porté par une poésie d'écriture de Joseph Boyden qui vous emporte. Ce fut pour moi une véritable découverte et un grand coup de coeur.






